Kyste du poignet

Qu’est-ce qu’un kyste du poignet ?

Les kystes du poignet correspondent le plus souvent à des kystes synoviaux. Ils correspondent alors à une tuméfaction développée par la membrane synoviale. Cette membrane synoviale, en situation normale, sécrète le liquide synovial, le lubrifiant de l’articulation.

 

Il s’agit d’une pathologie bénigne du poignet.

Questions fréquentes

Les kystes synoviaux du poignet se différencient principalement selon leur localisation et leur taille. Les kystes les plus fréquents sont localisés à la face dorsale du poignet suivi des kystes palmaires dans la gouttière eu pouls.

 

Le plus souvent, les kystes synoviaux apparaissent spontanément, sans évènement déclenchant.

 

Parfois, un traumatisme est retrouvé dans les jours précédant l’apparition du kyste. Il peut aussi s’agir de microtraumatismes répétés, en particulier chez les travailleurs manuels.

 

Le kyste peut dans certains cas être le signe d’une dégradation de l’articulation du poignet. Il n’est ainsi pas rare d’observer leur apparition en cas d’arthrose du poignet ou d’atteinte rhumatoïde du poignet.

Les kystes synoviaux se manifestent par une tuméfaction sous cutanée, généralement à la partie postérieure du poignet.

 

Il s’agit de tuméfactions souvent bien limitées, mobiles par rapport à la peau et aux tissus avoisinants.

 

Ils peuvent être strictement indolores, sensibles à la palpation ou être à l’origine de véritables phénomènes douloureux lors de la mobilisation du poignet.

 

Leur évolution est fluctuante, marquée par des épisodes de régression ou d’augmentation de leur volume. Parfois, les kystes peuvent même disparaître avant de réapparaître secondairement.

 

Habituellement, le diagnostic est fait uniquement par l’examen clinique. En cas de doute, une échographie voire une IRM peut être demandé. Ces examens sont également intéressants pour préciser l’origine exacte du kyste en vue de son traitement.

 

Un bilan radiographique peut être demandé si on suspecte a présence d’une arthrose sous-jacente.

 

L’évolution du kyste est imprévisible. Le kyste peut rester stable pendant plusieurs mois voire années. Il peut tantôt augmenter de volume, tantôt régresser. Il disparaît fréquemment spontanément.

En cas de pathologie sous-jacente (polyarthrite rhumatoïde, arthrose), il est illusoire de traiter le kyste sans traiter la cause si l’on ne veut pas risquer de voir le kyste réapparaître.

 

Si le kyste n’est pas douloureux ou gênant, aucun traitement n’est recommandé.

 

En cas de douleurs, une ponction-infiltration sous contrôle échographique peut être réalisée dans un premier temps. Ce traitement consiste à aspirer le kyste avant de réaliser l’infiltration. Ce traitement est moins efficace que le traitement chirurgical mais ne présente que très peu de risque.

 

En cas d’échec du traitement médical, le traitement chirurgical est envisagé. Il a pour principe de réséquer le tissu synovial pathologique à l’origine de l’apparition du kyste au cours d’une hospitalisation en chirurgie ambulatoire.

 

Le contenu du kyste est aspiré dans le même temps.

 

Il existe schématiquement 2 techniques chirurgicales :

  • La chirurgie conventionnelle : il s’agit d’ouvrir la peau en regard du kyste avant de l’exciser dans son intégralité.
  • La chirurgie arthroscopique : la synoviale inflammatoire pathologique est réséqué directement dans l’articulation. Le kyste est évacué par l’articulation.

Des pansements sont mis en place pour une durée de 2 semaines.

 

Une attelle amovible est mise en place pour 2 semaines.

 

Durant cette période, il est recommandé de bouger librement les doigts. Les activités de force doivent néanmoins être évitées.

 

A l’issue de ce délai, quelques soins de rééducation peuvent être entamés.

 

La reprise des activités manuelles de force doit se faire de façon progressive en fonction des douleurs résiduelles.

La complication la plus fréquente est la raideur post-chirurgicale. Elle peut rentrer dans le cadre d’un syndrome algodystrophique. Elle s’accompagne alors de phénomènes inflammatoires et de douleurs. Elle est rare mais imprévisible. Elle se traite par une prise en charge rééducative adaptée.

 

Les autres risques sont plus rares. A côté des risques liés à l’anesthésie générale ou loco-régionale, il peut s’agir d’infection, d’hématome post-opératoire, de lésions tendineuses ou exceptionnellement de complications vasculo-nerveuses.

à retenir

Docteur Numa Mercier